dimanche 14 mai 2017

Assez de bleu dans le ciel de MaggieO'Farrell

J'ai découvert Maggie O'Farell, il y a quelques années, en lisant Quand tu es parti, livre que j'avais adoré. J'avais alors enchaîné avec la disparition d'Esme Lennox qui m'avait moins convaincue.
Je renoue donc avec elle avec assez de bleu dans le ciel.




Maggie O'Farrell nous offre une fois de plus un roman à la construction narrative dense dont elle en a le secret.
Ce roman retrace la vie d'un couple et de leurs familles (parents, enfants) des années 40 à nos jours. Et pour compliquer la chose et rendre le roman encore plus addictif, elle nous fait voyager dans le temps de manière non linéaire mais aussi dans le monde : Irlande, Etats-Unis, Angleterre et France.

Daniel Sullivan et Claudette Wells forme un couple assez improbable. Daniel est professeur de linguistique aux Etats-Unis. C'est un homme carré, perfectionniste qui cherche toujours la précision. Claudette Wells, quant à elle, est une femme pétillante, pleine de vie. Elle était autrefois une célèbre actrice mais a décidé de se retirer du circuit et de vivre cachée en Irlande. C'est là que le couple coule des jours paisibles avec leurs deux enfants. 
Pourtant, leur équilibre va être bouleversé lorsque Daniel apprend à la radio que Nicola, une jeune femme qu'il a fréquentée il y a très longtemps, est morte. Cette annonce lui fait l'effet d'un séisme. Le voilà reparti aux Etats-Unis afin d'éclaircir enfin toutes les zones sombres de son passé.
Cela sera lourd de conséquences...

Le point fort de ce roman et qui constitue la marque de fabrique de Maggie O'Farrell réside dans la construction narrative. L'histoire n'est pas chronologique. L'auteure jongle habilement entre les époques, des années 40 à nos jours et dans le monde dans plusieurs pays.
Plus d'un demi-siècle, une galerie importante de personnages. C'est sûr qu'au début, il y a de quoi être un peu déstabilisé mais cette sensation s'efface rapidement.
Très vite, on se crée des repères dans la chronologie et les personnages et le roman devient passionnant.
L'écriture de Maggie O'Farrell est fluide, agréable et de qualité. La psychologique de ses nombreux personnages est très fouillée. Je me suis attachée à chacun d'eux, ressentant une profonde empathie pour leur histoire personnelle, pour les blessures qui les ont construit. 
J'ai lu vite tant qu'il me tardait de recoller tous les morceaux de ce patchwork et lorsqu'enfin, l'histoire de ces deux ou trois générations prend forme et bien, c'est juste bon.
 Plusieurs thèmes se dégagent dans ce roman, la vie de famille bien sûr mais aussi la complexité du couple, le poids des non-dits, le deuil, l'amour. C'est riche, c'est dense, c'est émouvant.

Alors je vous conseille vivement ce roman qui m'a touchée et continue de m'habiter plusieurs semaines après ma lecture.

vendredi 14 avril 2017

Martha & Alan d'Emmanuel GUIBERT



Voilà longtemps que j'entends parler d'Emmanuel Guibert et de son graphisme sans pareil. Je le rencontre aujourd'hui avec Martha & Alan. 
Depuis plusieurs années, Emmanuel Guibert s'attache à transcrire plusieurs pans de l'histoire d'Alan Ingram Cope. Ce dernier est un américain installé en France après la seconde guerre mondiale qu'il a rencontré par hasard à l'île de Ré. Il existe ainsi déjà plusieurs BD "la guerre d'Alan" et "l'enfance d'Alan".

Dans cette BD, Emmanuel Guibert s'intéresse à la première amitié d'Alan. Alan a en effet rencontré Martha alors qu'ils avaient tous deux 5 ans. Son premier souvenir avec Martha a eu lieu dans une cour de récréation. Malmenée par plusieurs enfants, Martha est défendue par Alan. Commence alors une belle amitié qui sera d'autant mieux entretenue que les deux mamans apprennent à se connaître et à s'apprécier. 
Ensemble, Martha & Alan vont passer des heures à jouer dehors, à découvrir leur quartier. Ils grimpent aux arbres, font de la balançoire puis se découvrent une passion commune pour le chant et participent alors à la chorale de l'église.
Malheureusement, au bout de quelques années, Martha & Alan se perdent de vue. Ce sont les aléas de la vie. Pourtant, Alan garde un souvenir précieux de cette amitié. Malgré la distance lorsqu'il part en Europe lors de la seconde guerre mondiale, Martha continue d'occuper ses pensées. A son retour, il tente à nouveau de renouer contact.

Rien d'extraordinaire dans cette histoire. C'est une amitié d'enfance dont le souvenir est magnifié par les années passées. Pourtant, Emmanuel Guibert réussit à créer une ambiance pleine de tendresse et de douceur. On sent la nostalgie d'Alan, son attachement à ses aventures avec Martha.
La force de cette BD réside dans les dessins d'Emmanuel Guibert qui sont de toute beauté.
Les paysages sont magnifiques, on a l'impression de se glisser dans la Californie des années 30. On sent la quiètude de la vie, le souffle chaud du vent dans les feuilles des arbres. Les planches créées à partir de vieilles photographies m'ont particulièrement impressionnée.
Magie des détails, couleurs chaudes, quel plaisir pour les yeux ! Je découvre un talent et je me régale.
Cette petite parenthèse dans la vie d'Alan Ingram Cope est donc très agréable et m'intrigue. C'est une petite mise en bouche très réussie qui me donne juste envie de me jeter sur le reste de l'oeuvre sur cet américain installé en France.

J'ai lu cette BD dans le cadre de l'opération la BD fait son festival organisée par Priceminister. Un grand merci !
 


lundi 7 novembre 2016

Les mains lâchées d'Anaïs LLOBET




Les mains lâchées, ce sont toutes les mains qu'il a fallu lâcher pour ne pas se laisser emporter par Yolanda, terrible typhon qui a sévi dans les îles philippines en novembre 2013. 
Les mains lâchées, c'est le témoignage d'Anaïs LLobet, journaliste, qui était présente lors de cette tempête. Et pour ce faire, elle a choisi la fiction.
 
 C'est donc l'histoire de Madel, jeune reporter installée dans les Philippines. La tempête n'épargne personne. Une vague énorme détruit la maison de son petit ami Jan chez qui elle vit. Elle le perd tout de suite de vue et ne parvient pas non plus à protéger un petit philippin de trois ans qui leur avait été confié. Mais elle survit.


Très vite, Madel va se trouver confrontée à une situtation inconfortable. Son patron est ravi de l'opportunité de sa présence immédiate sur les lieux du désastre et lui impose des reportages réguliers tout au long de la journée. En même temps, sans nouvelles de son compagnon, elle souhaite le retrouver, le chercher. Et puis, ce qu'elle voit autour d'elle la désole. Commence alors pour elle un grand questionnement sur son statut de journaliste.Que montrer ? Quelles frontières ne pas dépasser pour ne pas tomber dans le sensationnel ? Comment faire vivre ce sujet dans les médias suffisamment longtemps avant qu'il ne tombe dans l'oubli ?
Des questions passionnantes sur ce métier et son rôle médiatique et éthique.

Parallèlement à cela, plusieurs personnages gravitent autour de Madel. Il y a bien sûr tous les journalistes venus " pour l'occasion", leur manière d'appréhender la catastrophe mais aussi et surtout tous ces philippins. Les sinistrés, ceux qui ont tout perdu et puis ceux qui se mobilisent sans relâche pour venir en aide aux autres. Une solidarité des plus touchantes se met en place à laquelle Madel se mêle immédiatement. 
Pour le raconter dans le roman, le récit est ainsi ponctué de témoignages très courts. La voix est donnée à des personnages pour raconter la manière dont ils ont vécu le typhon. Deux ou trois pages pour dire, se souvenir.  Des pages percutantes qui m'ont vraiment émues.   
 Alors, oui, ce roman m'a beaucoup plu. Il est court, percutant et ne peut laisser indifférent.
Pourtant, dans ce genre de roman témoignage, j'appréhende toujours le côté voyeurisme, le malaise qui s'installe au fur et à mesure de ma lecture lorsque la misère est mise en avant pour nous faire arracher quelques larmes.
Donc forcément, c'est une lecture que j'ai entamé avec prudence, pas certaine d'apprécier.
Et bien, Anaïs Llobet a réussi à ne pas tomber dans ce piège et nous offre un premier roman de grande qualité.
 Un roman tout en finesse et qui gagne en force au fur et à mesure des semaines qui passent. Des images me reviennent, des émotions, des questionnements. 

Un grand merci à l'opération des Matchs de la rentrée littéraire organisée par Priceminister, j'ai beaucoup aimé. 

 


samedi 23 juillet 2016

Là où les lumières se perdent de David JOY


Nous sommes en Caroline du Nord, petite bourgade des Appalaches.
Il y a des gens parfois qui ont la malchance de naître au mauvais endroit, au mauvais moment dans la mauvaise famille. C'est le cas de Jacob McNeely, jeune homme de 18 ans. Sa famille est loin d'être idéale. Fils de Charly McNeely, trafiquant de drogue dominant toute la région et d'une mère droguée, ayant perdu tout ancrage avec la réalité, difficile pour Jacob de se lancer dans la vie.

 Et la vie ne lui fait pas de cadeaux. Trop peu encouragé, persuadé que ça ne lui servirait à rien, Jacob quitte le lycée à 16 ans. N'ayant plus de lien social, il s'enlise très vite
Un jour, envoyé par son père pour surveiller la bonne exécution d'une mission, Jacob assiste à un gros ratage. Le ratage où tout dégénère très vite. Là, Jacob voit ce qu'il n'aurait jamais voulu voir et participe à une violence sans nom qu'il ne cautionne pas. Là, il se rend compte que sa vie ne sera jamais que violence, drogue et sang. Une vie de looser. Amer constat qui l'emmène à une fête de fin d'études où il retrouve son amie d'enfance Maggie. De nouveau, les choses vont mal se passer. Jacob voit rouge lorsque le petit copain de Maggie essaye de la forcer à consommer la pire des drogues. Coup de nerf. Jacob le tabasse. 
Les choses s'enchaineront alors rapidement. Violence, fuite deviennent le lot quotidien de Jacob.
 

Avec ce roman, David Joy soulève des questions plus qu'intéressantes :
- Comment avancer dans la vie lorsque, dès la naissance, on porte des valises trop lourdes ?
- Peut-on s'affranchir d'une emprise familiale toxique ? 
- Pourquoi n'y arrive-t-on ? Sont-ce les valises qui sont trop lourdes ou un sentiment de fatalité qui coupe les jambes et empêche l'envol ?

Tout au long du roman, Jacob McNeely se questionne sur sa vie, sur le poids de son héritage familial, sur son avenir. Elevé dans un milieu de toxico, avec des parents ne l'ayant jamais accompagné, appelé à continuer le trafic de son père, Jacob apparaît emplâtré dans une forme de fatalisme. Fatalisme assez facile à comprendre mais dont il se sent incapable de se défaire.
Pourtant, la présence de Maggie à ses côtés le fait envisager de nouvelles choses, plus belles
J'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de Jacob, jeune homme sensible évoluant dans un monde ultra violent.  
Sa rencontre avec Maggie est lumineuse. Jacob doute, Maggie l'encourage et l'incite à voir la vie sous un nouvel angle. Avec Maggie, Jacob sort peu à peu de sa carapace et s'autorise à s'imaginer une vie meilleure. Pour elle, il est prêt à déplacer des montagnes et va d'ailleurs en déplacer. C'est une très belle relation qui les unit, une relation qui leur apporte à chacun. Maggie est une belle jeune femme qui a su voir et faire éclore le meilleur de Jacob. 
Mais cette relation est-elle suffisante ? 
 
Clairement, tous les ingrédients étaient réunis pour me plaire.
Roman noir implacable, je suis toutefois obligée de reconnaître que ma lecture a connu des hauts et des bas. 
J'ai été emportée très souvent par ma lecture, de nombreux passages m'ont émue. J'ai trouvé de la sensibilité, de l'émotion, de la poésie dans la noirceur. Mais malgré cela, j'ai trouvé quelques passages répétitifs, des questions redondantes qui m'ont gênée. Pendant ma lecture, je me suis demandé à plusieurs reprises ce que je garderai de ce roman : cet agacement face aux répétitions ou ces beaux passages ? 
Et bien, la fin du roman m'a permis de répondre à la question. Car, contre toute attente, cette fin m'a tout simplement cueillie. Elle était magistrale, je n'ai rien vu venir, j'ai voulu croire que... mais non... Bref, c’était sublime. Les personnages ont pris une envergure que je ne soupçonnais pas et j'ai écarquillé les yeux à me les faire sortir des orbites. 

Donc, pour conclure, je pense que ce roman prouve simplement que David Joy est un jeune auteur à surveiller. Un auteur qui n'en est encore qu'à ses balbutiements mais qui ne va pas tarder à éclore.
 

Je remercie chaleureusement Netgalley et Livraddict qui m'ont permis cette découverte.

   
 

mardi 12 juillet 2016

L'héritière de Jacaranda de Tamara MCKINLEY




Voilà un roman passionnant dans lequel il est bon se plonger.
Ce n'est que ma deuxième rencontre avec Tamara McKinley mais à chaque fois, il se passe quelque chose qui fait que cette auteure a une place particulière pour moi.
Pour moi qui ai eu, pendant mon enfance, comme lecture de chevet préférée "Les oiseaux se cachent pour mourir", qui ai rêvé d'Australie en regardant également les feuilletons, lire Tamara McKinley relève un  peu du retour aux sources. Cette saveur-là a quelque chose de précieux.

L'histoire débute avec la mort de Jock Witner. Ce patriarche à la tête d'une grosse entreprise viticole australienne a tyrannisé sa famille pendant plusieurs décennies. C'est donc un soulagement pour sa femme, ses enfants et petits-enfants, neveux et nièces. Sentiment toutefois atténué par une forte inquiétude quant au devenir de l'entreprise familiale. En effet, Jock Witner, avant de mourir, s'est attaché à saboter le travail de toute une vie. Mauvais placements, investissements conduisent inexorablement la société à la faillite. 
La situation est plus que préoccupante, des français sont décidés à racheter les vignes et la famille doit se mettre d'accord sur l'avenir qu'elle souhaite pour les terres de Jacaranda.
Les membres n'ont pas tous la même vision des choses, entre ceux souhaitant récupérer un héritage rapidement et ceux attachés à l'histoire familiale et désirant sauver le vignoble.

Au centre de ces guerres intestines, règne Cornelia la femme de Jock. A plus de 90 ans, elle décide d'accomplir un dernier voyage sur les terres de Jacaranda. Pour cela, elle se fait accompagner par sa petite-fille Sophie et en profite pour lui raconter l'histoire familiale. 
 Alternent donc des flashbacks racontant l'histoire de Rose, jeune servante londonienne  et l'histoire actuelle où la famille se déchire sur l'avenir de ce grand vignoble australien.
Secrets familiaux, malheurs, épreuves et amour se dévoilent pages après pages.
On découvre le monde de l'entreprise du vin à notre époque ainsi que l'arrivée des colons anglais au XIXème siècle et la façon qu'ils ont eu d'apprivoiser la nature.
Dans ce roman, la place belle est faite aux femmes.Tamara McKinley nous offre un sacré panel de personnalités qui gagnent toutes en profondeur au fur et à mesure du roman. Leur rôle est crucial et très vite, on se rend compte que les terres de Jacaranda ont pu devenir un très grand vignoble grâce à leur courage et leur force de caractère. J'ai adoré voir évoluer toutes ces femmes. Vraiment chouette ! 

Pas de déception donc à la lecture de l'héritière de Jacaranda. Tamara McKinley m'a offert une nouvelle facette de l'Australie et je suis certaine de repartir en voyage avec elle.


LCSN#2 : mission accomplie !




jeudi 23 juin 2016

Le challenge de l'été #4



Et oui, c'est l'été!
 Et qui dit lancement de l'été ne dit pas seulement fête de la musique mais aussi le challenge lectures de l'été.




Cette année, j'y participe à nouveau et me lance un petit objectif avec la lecture de 10 livres.

Voici ma sélection de livres ( incomplète pour l'instant car j'attends encore l'arrivée de certains livres de la médiathèque ) 

Mes lectures obligatoires :



L'héritière de Jacaranda :
C'est le livre que je dois lire pour le challenge sans nom avec Nelfe.












De fièvre et de sang :
Une LC programmée pour septembre pour enfin découvrir Sire Cédric










La fractale des raviolis :
Un emprunt médiathèque.







D'après une histoire vraie :
Quand je me le suis acheté à la rentrée littéraire dernière, je me suis promis de le lire avant qu'il sorte en poche. Donc il est temps que je m'y mette.







  Là où les lumières se perdent
C'est un part' que je devrais bientôt recevoir...








 
Le livre des Baltimore :
Une LC avec Stellade ma copinaute de LC
Je préfère lire les pavés l'été mais celui-ci se lira certainement très vite s'il est aussi addictif que l'affaire Québert.







 Et puis les autres lectures, celles qui me tentent depuis un certain temps et que j'ai envie de lire en priorité.




L'amie prodigieuse :
Une lecture qui me fait très envie et que j'ai réservé pour l'été.









De force :
Un livre emprunté que j'ai envie de rendre assez rapidement à sa propriétaire. 







Le chagrin des vivants :
Un roman historique sur la première guerre mondiale qu'il me tarde de lire. 








Voilà, on arrive déjà à 9 livres, le 10ème sera choisi par ma chère Nelfe pour notre futur Challenge sans nom :)

Pour cette saison, je me réserve toutefois le droit de changer mes lectures facultatives, j'en ai déjà beaucoup de programmées et été et obligations n'ont jamais fait bon ménage chez moi...

Bises à tous et vive l'été !!!   

dimanche 22 mai 2016

Surtensions d'Olivier NOREK



Avec Surtensions, j'étais certaine de passer un bon moment de lecture. En effet, après avoir lu Territoires il y a quelques mois, il me tardait de retrouver la plume d'Olivier Norek. J'avais eu un énorme coup de cœur pour ce roman et l'intuition que très vite Mr Norek deviendrait un de mes auteurs chouchous. Et bien, force est de reconnaître que j'ai eu du flair. 
Surtensions est donc le troisième roman d'Olivier Norek et met de nouveau en scène Victor Coste, capitaine à la criminelle du 93.  
Ce dernier opère toujours avec ses collègues Johanna, Sam et Ronan. Ensemble, ils ressemblent d'ailleurs davantage à une famille, plus soudés que jamais.
Cette fois-ci pourtant, les enquêtes sur lesquelles ils travaillent vont vraiment les malmener.

Le roman commence avec deux histoires parallèles. Nous faisons d'abord la connaissance de Nano Mosconi. Il est incarcéré à la prison de Marveil, réputée pour la violence qui y règne. Nano, jeune braqueur inexpérimenté, ne parvient pas du tout à s'imposer dans ce monde qui n'est finalement pas le sien. Entourés de fous furieux, la prison ne lui réussit pas et cela inquiète sa sœur ainée qui est prête à tout pour le faire sortir de là.
Puis nous retrouvons Victor Coste et son équipe, confrontés à un kidnapping avec une demande de rançon. Cette affaire échoue lamentablement, provoquant pour Coste une très forte remise en question. Ce dernier flirte avec le burn-out depuis un moment et peine à se remotiver.
 Pourtant, très vite, Victor Coste va devoir se ressaisir car les affaires s'emballent à la Crim'. 

En lisant Territoires il y a quelques mois, j'avais bien senti la patte Norek. Ici, avec Surtensions, cette sensation se confirme clairement.

Pour moi, l'écriture de Norek rime d'abord avec réalisme.
Nous sommes dans le 93 et on s'y croit vraiment. Le fait que Norek ait exercé comme lieutenant de police en Seine Saint Denis n'y est certainement pas pour rien.
La vie à la brigade est très bien décrite. A la Criminelle cohabitent les policiers passionnés, dévoués, cherchant simplement à exercer leur métier le plus humainement possible avec des collègues imbuvables aux dents longues, des supérieurs à l'ego surdimensionné n'hésitant pas à user et abuser de leur pouvoir. Alors forcément, ce genre de cohabitation est loin d'être aisé et ne se passe pas sans anicroche. Je n'ai jamais mis les pieds dans une brigade mais ça m'a semblé criant de vérités. 
Enfin, Olivier Norek met également en avant le système branlant de notre système judiciaire. La justice n'est plus ce qu'elle a été ( si elle a été un jour juste ? vaste question...) Ici, sont clairement visés les avocats qui n'hésitent pas à utiliser les failles de la justice pour innocenter leurs clients sans oublier au passage de sortir leur épingle de jeu. C'est écœurant et fait froid dans le dos.

Mais Norek ne se limite pas à cela. C'est aussi une intrigue béton. L'écriture est certes fluide et assez simple mais le rythme qu'il nous impose est  juste intense. Pas de coup de mou durant ces 500 pages, Norek nous promène. Les actions s'enchaînent avec force et précision. Les dominos tombent un à un, entraînant les suivants et on assiste à un artifice d'événements en se demandant où tout cela va nous mener. C'est terriblement intelligent et addictif. Et la fin du roman est grandiose. Il m'a fallu un long moment pour m'en remettre.

 Et puis, il ne faut pas oublier les personnages. J'ai beaucoup parlé de Coste mais Coste sans ses collègues n'est pas grand'chose. J'ai adoré suivre cette équipe qui partage bien plus que le travail. Je me suis senti bien avec eux et me suis attaché à chacun d'eux. J'ai été très sensible à la manière de Norek de les faire évoluer ensemble, se soutenant, partageant bons et terribles moments. Je crois que cette équipe fait partie de mon top 3 parmi toutes les équipes que j'ai pu suivre lors de mes autres lectures. 

Alors, pour conclure, je ne vous dirai qu'une chose. Courez découvrir Olivier Norek. Ses romans gagnent en puissance et son talent se confirme. Bravo et merci Mr Norek !



Je remercie donc de tout cœur les éditions Michel Lafon et Livraddict qui m'ont permis de passer cet excellent moment de lecture.